L'éprouvette

Durabilité 2022

Programme thématique de l'année

Les crises environnementales, dont le dérèglement climatique ou l’érosion de la biodiversité, sont en train de déstabiliser le fonctionnement du système terre et de remettre en question son habitabilité. Ces crises ont des conséquences sociales et de santé comme l’accroissement de la mortalité ou des inégalités. Afin de renforcer la prise de conscience de l’urgence de la situation et répondre à la demande des nouvelles générations qui revendiquent des actions concrètes, le Service Culture et Médiation scientifique (SCMS) de l’Université de Lausanne (UNIL) propose un programme de médiation scientifique et culturelle visant à développer une culture de la durabilité, tant pour les enfants et les jeunes, que pour les adultes.

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Tout au long de l’année, des projets traitant des questions de durabilité permettent d’ouvrir le dialogue, de présenter les grands enjeux politiques qui découlent des questions environnementales et de stimuler des réflexions autour des choix de société à venir :

LES LIMITES PLANÉTAIRES CONCENTRÉES DANS UN DONUT
Afin de garantir la stabilité de nos écosystèmes et que nos conditions d’habitabilité sur terre se maintiennent dans une zone sûre, des recherches internationales montrent que l’impact de nos activités doit respecter un plafond écologique déterminé par des limites planétaires (Steffen, 2015). Ces neuf limites, listées ci-dessous, sont des seuils de perturbation fixés pour les processus naturels sur lesquels repose la stabilité du système Terre.

Sur les neuf limites considérées, au moins six ont déjà été dépassées aujourd’hui : l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques, le changement climatique, le changement de l’occupation des sols, l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère et l’utilisation d’eau douce. Lorsque ces plafonds environnementaux sont dépassés, nous évoluons dans une zone d’incertitude où les risques d’emballement sont multipliés, tout comme les risques de crises, pouvant conduire à des conditions dans lesquelles la résilience de la Terre et de nos territoires devient impossible.

À ce plafond écologique s’ajoute un plancher social constitué des besoins fondamentaux et des déterminants minimaux du bien-être qui devraient permettre à toutes et à tous de mener une vie digne. Les limites planétaires et le plancher social définissent à eux deux la zone sûre et juste dans laquelle les activités humaines devraient être circonscrites – cette zone est modélisée sous la forme d’un donut (Raworth 2012). Le programme interdisciplinaire de médiation scientifique et culturelle sur la durabilité conçu par l’UNIL s’articule autour de ces neuf limites qui sont analysées, expliquées et développées lors de projets proposés pour tous les publics.

À découvrir également sur cette thématique la nouvelle série « Le climat en capsules »,  coproduite par l’UNIL et la Coord21.

Les neuf limites écologiques de la planète

Le changement climatique désigne l’ensemble des variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné au cours du temps, que cela soit un réchauffement ou un refroidissement. Dans les deux cas, ce phénomène peut entrainer des dommages importants, comme l’élévation du niveau des mers, l’accentuation de phénomènes climatiques extrêmes, la menace des ressources d’eau douce ou encore la réduction de la biodiversité.

À l’échelle mondiale, au cours du 20e siècle, les prélèvements d’eau douce ont augmenté deux fois plus vite que la taille de la population. Ce fort accroissement concerne notamment l’agriculture qui prélève le 70% du volume total. Malgré un ralentissement depuis les années 1990, les prélèvements d’eau devraient continuer de croître de 1% par an d’ici à 2050, entraînés notamment par l’augmentation des usages industriels et des besoins de refroidissement des centrales électriques. De plus, l’eau douce est très inégalement répartie sur la planète : le volume d’eau douce renouvelable disponible annuellement par habitant·e s’étend de moins de 100m3 dans la péninsule arabique, à plus de 30 000m3 en Amérique du Sud ou en Europe du Nord. L’enjeu est donc de disposer de suffisamment d’eau de bonne qualité pour tous les usages, en en laissant une partie pour le bon fonctionnement des écosystèmes naturels, dont les activités humaines dépendent aussi.

L’azote, indispensable à la croissance des végétaux, et le phosphore, vital pour les animaux et les végétaux, sont des éléments essentiels pour obtenir un bon rendement dans l’agriculture conventionnelle. Toutefois, leur utilisation affecte fortement les écosystèmes. Trop d’azote rejeté dans l’atmosphère conduit à une détérioration des nappes phréatiques et à une asphyxie des écosystèmes provoquées par une croissance trop importante des végétaux. Une trop forte concentration de phosphore, quant à elle, dégrade la qualité de l’eau en la privant d’oxygène, détruisant les écosystèmes océaniques.

Cette limite désigne les éléments radioactifs, les métaux lourds et les nombreux composés organiques d’origine humaine présents dans l’environnement et réunis sous le terme de « pollution chimique ».

L’acidification des océans est une conséquence de l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 d’origine humaine. Un quart du CO2 est absorbé par l’océan de manière dissoute ou dans les êtres vivants (photosynthèse, squelettes) et à terme dans les sédiments marins. Par réaction chimique, le CO2 se transforme en acide carbonique : l’océan s’acidifie progressivement. Cette acidification affecte la capacité de certains phytoplanctons à croître et à se renouveler, alors qu’ils sont à la base de la chaîne alimentaire sous-marine et contribuent à la production d’oxygène.

Les aérosols désignent des particules fines en suspension dans l’air, solides (poussières) ou liquides (embruns), de nature organique (suie) ou minérale (roche érodée). La grande majorité d’entre elles sont d’origine naturelle (éruptions volcaniques, tempêtes de sable, etc.), mais elles peuvent également résulter des activités humaines (aérosols primaires) ou de transformations physico-chimiques dans l’atmosphère (aérosols secondaires). De par leur faible dimension, les aérosols peuvent pénétrer l’appareil respiratoire et présenter des effets néfastes pour la santé à court et à long terme. Les populations les plus sensibles aux aérosols sont les foetus, les nouveau-nés, les enfants, les personnes âgées et toute personne atteinte de pathologie cardio-vasculaire ou respiratoire, de diabète, voire d’obésité.

L’ozone stratosphérique désigne la couche de l’atmosphère comprise entre 20 et 50km d’altitude. En filtrant une grande partie des rayonnements ultraviolets (UV) solaires, principalement les UVC et les UVB, cette couche protège les êtres vivants, une surexposition aux UV pouvant avoir des effets néfastes sur la santé humaine (cataractes, cancers de la peau, affaiblissements du système immunitaire) et sur les végétaux (inhibition de l’activité photosynthétique des plantes). Garantir l’intégrité de la couche d’ozone constitue donc un enjeu majeur, son amincissement excessif – voire sa disparition dans certaines zones – pouvant avoir de lourdes conséquences sur les humains et sur les écosystèmes.

L’érosion de la biodiversité se traduit notamment par l’augmentation du taux d’extinction d’espèces, par le déclin des populations de certaines d’espèces et par la dégradation des habitats naturels. Elle résulte principalement de la destruction et de la fragmentation des milieux naturels (due aux activités humaines : urbanisation croissante, intensification des pratiques agricoles, etc.), de leur pollution (d’origines domestique, industrielle et agricole), de la surexploitation d’espèces sauvages (surpêche, déforestation, etc.), de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, mais également du changement climatique.

L’utilisation des sols au profit de telle ou telle activité détermine un équilibre entre la production alimentaire, la régulation des débits d’eau douce, les habitats humains et la préservation de l’environnement. À l’échelle planétaire, les changements d’utilisation des sols sont principalement dus à l’intensification et à l’extension de surfaces agricoles qui conduisent au déboisement de vastes surfaces forestières. Au cours des cinquante dernières années, la transformation de milieux naturels et semi-naturels (forêts, prairies et autres écosystèmes) en terres agricoles s’accroît en moyenne de 0,8% par an. Ceci entraîne de lourdes conséquences sur l’environnement : perte de biodiversité et de services écosystémiques, érosion des sols, risque d’inondations et coulées d’eau boueuse, augmentation des émissions de gaz à effet de serre, déstockage de carbone, etc.

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  • Table ronde : « la place du consommateur·trice dans l’agroécologie » (17 mars 2022)